Histoire du village

L’origine du village de Rucqueville remonte à l’époque gallo-romaine. Ruscavilla signifie domaine de Ruscus. La parcelle du cadastre dite « le Castelet » évoque une construction entourée de fossés, datant de cette époque ; quelques pans de murs en arêtes de poisson, actuellement noyés dans des ouvrages postérieurs, sont les témoins de l’occupation du lieu par nos lointains prédécesseurs. Ce n’est qu’à partir du XIe siècle que nous pouvons décrire de manière plus certaine l’histoire du village.

Si les patrons de la paroisse de Rucqueville furent de simples seigneurs locaux, il faut noter pourtant que les plus grandes familles bas-normandes du temps de Guillaume le Conquérant y possédaient des terres. Citons :

  • Richard Goz, puissant seigneur d’Avranches, possessionné dans le Cotentin et à Creully ;
  • Renouf, vicomte de Bayeux ;
  • Richard, dit Turstin Hadulp, fondateur de l’abbaye de Lessay, dont la fille Adélaïde, moniale, fit don de ses terres de Rucqueville à l’abbaye de la Sainte Trinité de Caen.

C’est le mécénat qui explique, sans doute, la présence de telles richesses sculpturales dans l’église de ce modeste village qui servait certainement de chapelle castrale, peut-être celle de Richard de Rucqueville, vassal de Richard Goz, seigneur de Creully (cf. l’inscription RdS pour Ricardus dans la mandorle du chapiteau nord-est).

En effet, la petite église actuelle, édifiée aux alentours de 1090, à l’emplacement d’un édifice antérieur, renferme des chapiteaux dont la facture est unique en Normandie. La composition des scènes et le relief des personnages ont été remarqués par Arcisse de Caumont qui est à l’origine du classement de l’église comme Monument historique en 1886. L’édifice a subi de nombreuses modifications à la suite de sa construction mais a gardé néanmoins une réelle harmonie. Délaissé depuis près de deux siècles, il a échappé aux  restaurations de la fin du XIXe qui ont malheureusement défiguré nombre de nos églises romanes.

Le cimetière a perdu sa croix mais offre un ensemble remarquable de tombeaux en forme de sarcophage du XVIII° siècle, appartenant à la famille Fossey. Celui d’un enfant de trois jours est un exemple assez rare, car la mortalité infantile était courante à l’époque et passait presque inaperçue.

Nous savons grâce au cadastre napoléonien qu’en 1812, le village était composé de 37 maisons imposables, de 6 bâtiments ruraux et de l’église. Il y avait trois fermes importantes et de petites maisons d’artisans et d’ouvriers agricoles, pour la plupart recouvertes de chaume, dont la majorité a disparu. On aperçoit les vestiges de leurs fondations le long du chemin de l’église et de la rue de l’église. En revanche, les puits et certains murs d’enclos ont été sauvegardés. La population du village, à la fin de l’ancien régime, était sensiblement la même que celle d’aujourd’hui.

En 1778, les Rucquevillois avaient pu assister aux grandes manœuvres du camp de Vaussieux où le maréchal de Broglie avait reçu le commandement de plus de 35 000 hommes pour expérimenter de nouvelles méthodes de combat. Le gouvernement de Louis XVI voulait en outre laisser penser aux Anglais que la France préparait un débarquement sur leurs côtes, tandis qu’eux-mêmes avaient alors à soutenir la guerre d’indépendance. On a trouvé trace dans des archives d’importantes livraisons destinées à la nourriture des troupes, telles que l’arrivage de 50 000 bottes de fourrage à Rucqueville.

Les autres curiosités du village sont :

  • une inscription en bas-relief et lettres gothiques : JHSIP signifiant Johannes in principio, sur le mur prolongeant la clôture du cimetière. La pierre cubique portant cette inscription provient sans doute du haut du clocher. Cette référence aux premiers mots de l’évangile de Saint Jean était censée protéger de la foudre.

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  • un blason récemment découvert dans le transept nord de l’église aux armes de la famille Le Sens, anoblie en 1470, dont plusieurs membres furent les seigneurs et patrons laïcs de Rucqueville, « de gueules, au chevron d’or, accompagné de trois encensoirs d’argent, posés 2 et 1 ». Cri : Fides sanctificavit.

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  • les nombreux graffiti sur les murs et bâtiments de notre village dont l’inventaire reste à faire.
  • la pompe à incendie.
« Mon village se raconte »
par Marie-Christine MATHIS
pour l’ADTLB dans le cadre de l’opération « Mon village se raconte » (2001)
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